Violence après la rupture

Souvent, la violence se poursuit après une séparation. La personne violente pourrait essayer de reprendre la relation sans intention de changer son comportement violent, de contrôler les enfants, d’avoir le dernier mot, etc.

Le plus grand risque, c’est que la violence s’aggrave. Le harcèlement criminel, l’intimidation juridique et le féminicide deviennent plus probables.

Harcèlement criminel (stalking)

On parle de harcèlement criminel quand la personne violente cherche à te faire craindre pour ta sécurité physique, psychologique ou émotionnelle ou la sécurité d’une personne de ton entourage. Il peut mener à une escalade de violence (violence physique, féminicide).

Exemples de comportements : L’autre personne

  • Te contacte sans cesse
  • Te surveille à l’aide de la technologie
  • Te suit ou se présente à ton lieu de travail
  • Entre chez toi sans permission.

C’est un crime. Si tu en es victime, tu peux commencer par en parler, soit à une personne de ton entourage, à la ligne d’aide Fem’aide ou à la police. D’autres ressources sont offertes sur la page Aide aux femmes aux prises avec la violence.

Intimidation juridique (ou violence judiciaire)

C’est un concept méconnu, y compris par le secteur juridique, mais l’intimidation juridique est bien réelle. Comme les autres formes de violence, le but est de te contrôler.

Exemples de comportements : L’autre personne

  • T’impose une médiation
  • Ne respecte pas les ordonnances de la cour (p. ex., ordonnance de non-contact)
  • Fait trainer les procédures
  • Multiplie les procédures pour que tes frais augmentent
  • Refuse de payer la pension à laquelle tu as droit
  • Intente des poursuites pour diffamation contre toi
  • Dépose des plaintes contre les intervenantes qui t’appuient.

Pour mieux comprendre le concept, tu peux écouter l’épisode 1.06 de notre balado Elles parlent… de quand la Cour devient un outil d’intimidation, qui aborde l’intimidation juridique de façon concrète et accessible.

Risque accru de féminicide

Un féminicide est le meurtre d’une femme (qui peut être accompagné de celui de ces enfants), d’une personne de la diversité de genre ou bispirituelle en raison de son genre, commis par un homme accusé ou considéré comme responsable du meurtre. En moyenne, 75 % des meurtres conjugaux au Canada ont lieu dans un contexte de séparation (en cours ou anticipée).

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de féminicide : La personne violente

  • Te surveille
  • Fait preuve d’une jalousie obsessionnelle
  • A des propos suicidaires
  • Aggrave le niveau de violence
  • Perd l’espoir d’une reprise de la relation
  • A menacé de te faire du mal ou a déjà été violent physiquement
  • A accès à des armes

Savoir que le risque augmente peut t’aider à mieux te protéger, par exemple, en appelant la ligne d’aide Fem’aide ou la police, selon le degré d’urgence.

En tout temps, si tu es ou si tes enfants sont en danger immédiat, appelle la police. Le but n’est pas de te faire peur, mais d’aborder les conséquences possibles afin que tu puisses t’outiller pour y réagir.

Plan de fuite

Dans un contexte de séparation ou de rupture, une des meilleures façons d’assurer ta sécurité est d’élaborer un plan de fuite. C’est un document qui aborde les façons d’assurer ta sécurité et celle des enfants au moment de la rupture. Il peut notamment inclure les lieux sécuritaires où te rendre, les objets à emporter au moment de ton départ, les numéros de téléphone et documents importants à avoir à portée de main et la communication de ta décision (à ton ou ta partenaire, à ton avocat ou avocate et à la police).

Pour savoir où commencer, la page Les bases d’un plan de sécurité est un bon point de départ. Elle t’aidera à mettre sur pied un plan adapté à ta situation qui tient compte par exemple de ta sécurité immédiate au moment de la rupture, de la sécurité de ton domicile, de la protection des enfants et des avenues juridiques.

Remarque : La séparation se vit différemment selon les personnes. Plusieurs raisons peuvent t’inciter à rester dans une relation violente, comme la sécurité des enfants, l’insécurité financière, la peur, la pénurie de logements et leurs prix élevés, le manque de places en maisons d’hébergement, etc. Il faut souvent plusieurs tentatives pour mettre fin à une relation violente. Si c’est ton cas, tu n’as pas à avoir honte.

Comment te protéger

  • Si tu penses mettre fin à ta relation, tu pourrais en parler avec une personne de confiance pour te sentir moins seule.
  • La violence est un traumatisme. Favorise ta santé : de petits gestes (alimentation saine, marches ou exercice physique, sommeil de qualité) ont des effets bénéfiques.
  • Pense à ta protection juridique. Une ordonnance de ne pas faire, par exemple, permet de mettre fin aux communications harcelantes.
  • Aborde la situation de violence avec ton employeur. Il a l’obligation légale de prendre des dispositions pour te protéger.
  • Communique avec la ligne d’aide Fem’aide (accessible 24 heures sur 24 par téléphone, clavardage ou SMS). Les intervenantes pourront t’offrir du soutien personnalisé.

Se rétablir d’une relation violente prend du temps. Fais preuve d’empathie envers toi-même et rappelle-toi que seule la personne violente est responsable de la violence.

Sécurité juridique

Des ressources existent! Si tu vis de la violence après une séparation ou que tu crains que la situation devienne violente, on te recommande de planifier ta protection juridique.

  • Si tu es victime et que tu as des questions sur le droit de la famille, le droit de l’immigration, le droit du logement ou le droit criminel, communique avec le Centre juridique pour femmes de l’Ontario. Des avocates peuvent offrir jusqu’à quatre heures de conseils juridiques sommaires. Le service est offert gratuitement.

  • Tu y trouveras aussi de l’information juridique en langage clair sur les particularités juridiques qui suivent une rupture, comme la pension alimentaire pour enfants et la protection des enfants, les méthodes alternatives de règlement des conflits et l’arbitrage familial.
  • De plus, tu trouveras sur leur site web une série de questions et de réponses liées au contexte de séparation. La séparation dans le contexte de droit de l’immigration et dans un contexte de violence est notamment abordée.

Références

6 façons de favoriser son rétablissement après la violence conjugale (SOS violence conjugale)

6 formes de violence conjugale post-séparation (SOS violence conjugale) 

Contrôle coercitif = danger (Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale)

Détecter la dangerosité (Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale)

La violence conjugale après la séparation (Éducaloi)

Le contrôle après la séparation (Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale)

Le harcèlement criminel (Éducaloi)

Traquer quelqu’un est un crime appelé harcèlement criminel (ministère de la Justice du Canada)