Le traumatisme :

comment surmonter ses effets

Un acte de violence (comme une agression à caractère sexuel ou une relation violente) est un traumatisme vécu différemment d’une personne à l’autre. Devant une menace, le cerveau réagit automatiquement.

Il est possible de :

  • fuir
  • lutter
  • figer

Il est important de rappeler que ces décisions ne sont pas conscientes ; le cerveau prend le dessus. Il devient aussi plus difficile de réfléchir, de planifier et de prendre des décisions. Si pendant une agression tu fais quelque chose que d’autres trouvent plus ou moins logique, ou si tu as de la difficulté à te rappeler de la suite des évènements, c’est parce que ton cerveau te protège.

Mythe : Les victimes d’agression se débattent toujours.

C’est faux. Souvent, les victimes de violence vont geler. Rappelle-toi que c’est tout à fait normal de ne pas crier ou te défendre pendant une agression. Tu n’as pas besoin de résister pour prouver que tu n’avais pas consenti.

Au moment de l’agression

Tu pourrais vivre un de ces états :

  • Dissociation

    • Oubli de souvenirs, de détails
    • Impression d’être coupée de tes émotions ou d’être ailleurs
    • Incompréhension de ce qui se passe
    • Sentiment de rêver, de ne plus ressentir ton corps
  • Immobilité tonique

    • Paralysie involontaire
    • Impossibilité de parler ou de bouger
  • Immobilité hypotonique

    • Impression d’être faible, baisse du rythme cardiaque
    • Évanouissement

Une victime immobile n’est pas consentante. L’absence d’un non n’équivaut pas à un oui. C’est la responsabilité de l’agresseur d’obtenir un consentement éclairé.

Dans les trois cas, ton cerveau te protège. Tu ne le contrôles pas : il agit instinctivement. Toutes ces réactions sont normales.

Après l’agression

Tu peux vivre toutes sortes de symptômes physiques et psychologiques. Même après l’agression, le cerveau peut demeurer en mode survie.

Ces réactions sont normales :

  • Anxiété (généralisée ou en lien avec la violence)

  • Cauchemars
  • Changement de l’appétit
  • Dépression
  • Difficultés de concentration
  • Fatigue
  • Flashbacks

  • Maux de tête

  • Pensées envahissantes
  • Perte de libido
  • Sentiment d’engourdissement
  • Stratégies d’adaptation, comme consommer de l’alcool ou de la drogue
  • roubles du sommeil

Se sentir mieux après la violence, c’est possible.

Prends soin de toi. Tu as survécu à une épreuve et tu subis toujours ses séquelles. Voici quelques activités qui peuvent soulager tes symptômes et contribuer à ton processus d’empowerment.

Tu n’as pas besoin de revivre la violence si tu ne veux pas en parler. L’idée c’est plus d’être avec des gens que tu aimes et qui te font du bien.
Si tu ressens des symptômes ou que tu vis des flasbacks, tu peux te remettre dans le moment présent. Nomme cinq choses que tu vois, cinq choses que tu entends et cinq choses que tu ressens. Puis nommes-en quatre autres, et ainsi de suite.
Inspire par le nez (4 secondes), retiens ta respiration (7 secondes), puis expire par la bouche (8 secondes). Répète pendant 5 minutes. Si tu préfères la méditation, tu peux imaginer un coin paisible pendant une quinzaine de minutes.

Quand tu vis un flashback, reconnais-le. En le nommant, tu te rappelles que tu as survécu à l’épreuve. Pense à ce qui te ferait du bien sur le moment, comme t’entourer d’une couverte chaude.

Souvent, les flashbacks semblent survenir soudainement, mais ils présentent des signes avertisseurs : changement d’humeur, transpiration. En y portant attention, tu pourras mieux t’y préparer. Les flashbacks peuvent être déclenchés par un souvenir ou un rappel de l’évènement. Pense à tes déclencheurs. Trouve des façons de les éviter et d’y faire face s’ils apparaissent.

L’hygiène du sommeil a un rôle important à jouer. Avoir un horaire de sommeil régulier, faire de l’exercice pendant le jour, éviter la caféine et les déclencheurs avant de se coucher et méditer peuvent tous contribuer à un bon sommeil. Si tu ne réussis pas à t’endormir après une vingtaine de minutes, change de pièce pour faire une activité reposante et recouche-toi seulement quand tu en ressens le besoin. Évite l’alcool et la drogue.

Bien dormir après un trouble post-traumatique peut prendre du temps. Si tu éprouves de la difficulté, tu peux consulter un ou une professionnelle de la santé.

Si tu aimerais en parler, les intervenantes de la ligne Fem’aide sont là pour t’écouter et t’orienter vers des ressources.